Livre | Stefan Zweig prend le large et nous raconte Magellan

Donnez-moi une flotte et je vous le montrerai : je ferai le tour de la Terre en allant de l’est à l’ouest ! ». Il y a 500 ans, le navigateur portugais Magellan accomplit le premier grand voyage autour du monde, et apporte la preuve – décisive pour l’humanité – qu’effectuer un tour complet du globe est possible. Dans cette nouvelle traduction anniversaire de la biographie de l’écrivain Stefan Zweig, bien plus proche du texte original, l’odyssée de Fernão de Magalhães (dans la langue de Cristiano Ronaldo) n’a jamais paru aussi étincelante, aussi cruelle dans son dénouement.

Derrière l’histoire officielle, le vrai Magellan
Belle mise en abyme puisque la briographie de Stefan Zweig, parue à l’origine en 1938, est déjà celle d’une réhabilitation. L’auteur connu pour Le Joueur d’échecs a effectué pour cet ouvrage un énorme travail de documentation. Derrière le portrait trop lisse de l’histoire officielle, devenue légende, Zweig s’attache à faire émerger le vrai Magellan. Un homme avec ses failles, méticuleux à la limite de l’obsession, au sens de la morale aigu… et aux adversaires tapis dans l’ombre. Un aventurier sans peur mais pas sans reproches, qui aurait pu devenir aux yeux de tous un assassin s’il avait été du mauvais côté de l’histoire.

Affrontements, rivalités et mutineries
Le Portugais, « petit homme obscur, effacé et taciturne [qui] n’a jamais eu la moindre notion de l’art de se faire apprécier », embrasse un destin à la mesure de sa volonté. Celle de gardien du sanctuaire « d’une idée animée par le génie et portée par la passion, plus forte que tous les éléments réunis ». Affrontements, rivalités, mutineries et air du large se succèdent dans une course folle autour du globe. Entre froide détermination, soif d’aventure et tragique, le projet fou de sa traversée relègue Christophe Colomb au rang de capitaine décontracté de La Croisière s’amuse.

Récit d’exploration de notre propre Terre, c’est pourtant celui d’une planète inconnue qu’on dévore dans ce roman biographique. Déroutant au premier abord, le style indirect adopté par Stefan Zweig nous plonge dans la psyché du navigateur en même temps que celle de l’écrivain. Vous trouverez dans les 350 pages de « Magellan », un roman éminemment sympathique, qui ne sacrifie pas le souffle épique sur l’autel de la véracité historique.

> « Magellan », de Stefan Zweig, nouvelle traduction de Françoise Wuilmart, éditions Robert Laffont, 19 €.
Version numérique disponible pour 2,99 €.

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