Garry Winogrand, portraits de rue rares

Encore quelques jours pour découvrir les clichés de Garry Winogrand, à Paris. Au Jeu de Paume, à deux pas du jardin des Tuileries, se tient la plus grande rétrospective consacrée depuis un quart de siècle à ce maître de la photographie de rue.

« La vie, c’est ce qui arrive quand on a d’autres projets », disait John Lennon. La vie et l’œuvre de Garry Winogrand entre en résonance avec ces mots. Emporté par un cancer en 1984, à l’âge de 56 ans, ce photographe new-yorkais n’aura trié ni même vu la moitié de ses propres photos.

Garry Winogrand, photographié par son ami Lee Friedlander en 1957.
Garry Winogrand (1928-1984), photographié par son ami Lee Friedlander en 1957.

On pourrait dire que j’étudie la photographie, et c’est vrai ; mais, en réalité, j’étudie l’Amérique.

L’artiste new-yorkais, de plus en plus sceptique sur la capacité d’une photo à changer, voir à expliquer le monde, préférait produire que trier.

La quintessence de ses œuvres est exposée aujourd’hui, en 2014. Certaines photographies pour la première fois. Il y a de quoi être ému.

Garry Winogrand – Democratic National Convention, Los Angeles [Convention nationale démocrate, Los Angeles] 1960.
Avant le selfie, il y avait Garry Winogrand. G.W. – Democratic National Convention, Los Angeles,1960.
Autre émotion, lorsqu’on au bout de la première pellicule – dont on peut voir le négatif durant l’exposition – un cliché éblouissant apparaît à la suite de tâtonnements.

Dans la fraction de seconde entre deux images immortalisées, c’est une naissance artistique que l’on aperçoit. « Il n’y a rien de plus mystérieux qu’un fait établi », disait le New-Yorkais, peu avare en commentaires pour expliquer son art.

Photographier pour donner un sens aux choses
Toutefois les images suffisent pour saisir le chaos, le cadre forcé d’exploser d’un monde toujours en mouvement. Où les célébrités sont au même niveau que les anonymes.

Regardez les rires à gorges déployées. La peur qui se confond avec l’horizon des grands angles. Les illusions de l’Amérique d’après-guerre, ici révélées avec ironie mais sans méchanceté.

Garry Winogrand  ressentait le besoin de photographier les choses pour leur donner un sens. C’est ce qui rend ses images si singulièrement proches de nous.

Parfois, c’est comme si […] le monde entier était une scène pour laquelle j’ai acheté un billet […] Un grand spectacle qui m’est destiné, comme si rien ne se produirait si je n’étais pas sur place avec mon appareil.

Winogrand_ExhibitionPage
Portrait de l’âme…ou du visage ? G.W. – « El Morroco », New York, 1955.
G.W. -  New-York, 1969.
G.W. – A picture of a man on the street pointing at the camera, New York, 1969.

-Exposition à découvrir au Jeu de Paume jusqu’au dimanche 8 février.
Entrée : 10 € (tarif plein), 7,5 € (tarif réduit). Ouvert du mercredi au dimanche de 11 à 19 heures, de 11 à 21 heures le mardi. Plus d’informations sur le site du Jeu de Paume.

G.W. - New York World’s Fair, 1964.
G.W. – New York World’s Fair, 1964.

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