Marre de Naruto ? Voici cinq anime sans temps morts

Les dessins animés maintenus en vie sous respirateur artificiel, y’en a marre ! Achevé depuis plusieurs mois sur papier, Naruto Shippûden, saga reine des shōnen est toujours à l’agonie en version animée. Comme je suis sympa, je vous propose cinq anime courts et savoureux qui vont à l’essentiel.

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Si vous lisez ces lignes, vous détestez comme moi les « fillers », ces épisodes bouche-trou permettant aux auteurs de mangas de (re)prendre de l’avance sur les diffusions des adaptations de leurs séries animées.

Il y a parfois quelques exceptions (coucou Dragon Slayer), mais le spectateur doit le plus souvent se cogner plusieurs heures d’intrigues à tiroir, ne respectant pas l’œuvre originelle, dont même les fans les plus hardcore finissent par se lasser. Les amateurs d’histoires fleuve comme Olive et Tom, Bleach, Fairy Tail, One Piece… savent ô combien de quoi je parle.

Pour couper court à toute frustration, je vous propose donc cinq séries courtes, où aucun temps mort ne vient parasiter l’action, qui vous permettront de faire mentir l’adage « le plaisir est dans l’attente »…
D’ici la prochaine saga de 8545 épisodes, 27 jeux vidéo et 12 films auquel vous succomberez.

1.    Assassination Classroom  –  Ansatsu kyōshitsu (22 épisodes)

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GTO a trouvé son successeur avec ce récit abracadabrant d’un extraterrestre hyperactif qui devient professeur d’une bande de laissés-pour-compte au collège Kunugigaoka.
Après avoir détruit la moitié de la Lune d’un coup de poing, l’étrange créature à tête de poulpe se présente au gouvernement japonais, et annonce vouloir devenir le professeur principal de la classe 3-E.

Il formera les élèves en tant qu’assassins, dans le but d’éliminer une seule et unique cible : lui-même.
« Koro-sensei » (littéralement : prof indestructible) annonce qu’il détruira la Terre à l’issue de l’année scolaire si les élèves échouent dans leur mission.

Le postulat de départ de l’anime m’a laissé sceptique, peut-être en est-il de même pour vous. Qu’on soit familier ou pas du monde de l’éducation, ce drôle de professeur quasi immortel et ses élèves étiquetés
« losers » sont sacrément attachants.

L’intrigue est peut-être anecdotique et un poil limitée, mais on rit de bon cœur devant les péripéties – et les sales manies – de ce « monstre prof » moins sexy que Lamu mais infiniment plus drôle. Oubliez Le collège fou fou fou ou Highschool of the dead : ici, les personnages secondaires sortent des sentiers battus.

Récit initiatique de l’école et de l’intégration dans la société, Assassination Classroom se joue habilement du discours habituel prôné dans les mangas : valeur intrinsèque de l’être humain,  de l’amitié, de la caramaderie, du courage.

Découvrez le premier épisode ci-dessous :

(Une saison 2 est prévue pour 2016)

2.    Red Eyes Sword – Akame Ga Kill ! (24 épisodes)

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Tatsumi, jeune villageois, décide de monter à la capitale pour amasser des fonds et sauver son village, frappé par la pauvreté. Alors qu’il découvre que la ville est rongée par la corruption, le héros fait la rencontre d’un groupe d’assassins nommé Night Raid qui va le recruter afin qu’il les aide dans leur combat contre le pouvoir en place. Mélange de Soul Eater, X de Clamp et Full Metal Alchemist, cet anime est un must pour tout amateur de shōnen.

Personnages charismatiques, retournements de situation, emprunts heureux à plusieurs genres (horreur, fantasy, érotisme, film de sabre, drame social, soap opera).

Publié en France par l’éditeur Kurokawa en version papier, Red Eyes Sword est un régal, même si la deuxième partie de l’histoire est beaucoup plus prévisible. Comme souvent dans ces univers, l’intrigue n’est pas à la hauteur de l’imagination des créateurs. La loi du genre…

Découvrez l’épisode 1 ci-dessous :

3.    Saint Seiya Soul of Gold (13 épisodes)

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Le retour de Dragon Ball en version animée en 2015 est tellement pitoyable que j’inclus un peu de nostalgie dans ma sélection. Dernière variation en date de la poule aux œufs d’or Chevaliers du Zodiaque, Soul of Gold est avant tout un prétexte pour vendre de nouvelles figurines et autres produits dérivés.

Centrée sur les mythiques chevaliers d’or, cette nouvelle histoire ne recèle aucune surprise. La mise en scène de la cruauté et du sacrifice, ainsi que la bande originale, traditionnels points forts de la saga, sont ici nettement en retrait. Mais les combats sont sympathiques et bien rythmés, et le propos suffisamment ramassé pour que l’ensemble soit honnête. A condition bien sûr d’aimer la saga d’origine.

Découvrez ci-dessous le premier épisode :

4.    Sword Art Online – Sōdo Āto Onrain (25 épisodes)

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Un tout nouveau jeu de rôle massivement multijoueur (le fameux Meuporg, comme disent les personnes âgées) vient de faire son apparition sur l’archipel nippon. Les nerds sont en émoi : pour y accéder, il faut se coiffer d’un casque de réalité virtuelle pour une immersion totale dans un monde d’heroic fantasy.

Kazuto Kirigaya, connu sous le pseudonyme de « Kirito », joueur hors pair, est bien décidé à finir le jeu en premier. Une fois à l’intérieur de ce monde virtuel au goût de réalité, lui et les 20.000 autres joueurs se rendent compte que toute déconnexion est impossible. Le créateur du jeu est en effet devenu fou, et prévient les joueurs que toute mort dans le jeu équivaut à mourir dans la vie réelle. Seule issue : parvenir au sommet du château flottant et vaincre le créateur lui-même.

Tout d’abord une précision : avoir une connaissance limitée de l’univers des jeux de rôle n’est pas gênant pour apprécier.

Sword Art Online est un récit somme toute classique d’heroic fantasy avec un gentil héros qui latte tout le monde à force de courage. Il tire toutefois son épingle du jeu grâce à son « histoire dans l’histoire », et la noirceur dans le propos : personnages tristes, solitaires, voire apathiques.

Une vision pessimiste du jeu vidéo, qui est ici le symbole d’une jeunesse désincarnée pour qui une mort virtuelle a plus de sens qu’une mort dans le vrai monde.

Découvrez ici les 5 premières minutes de l’épisode 1 :

(Je n’évoque pas dans ce billet la saison 2, vraiment décevante et qui constitue de toute manière une histoire indépendante. Vous me direz si les suivantes valent le détour 😉 )

5.    Akagi (26 épisodes)

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Le mah-jong, vous connaissez ? Je ne savais absolument pas jouer à ce jeu traditionnel chinois en débutant cet anime. Après avoir enchaîné tous les épisodes, je ne savais pas plus : Akagi n’est pas un tutorial pour apprendre à jouer, mais un thriller au suspense absolument incroyable.

Ça semble dur à croire, et pourtant cet anime parvient à instaurer une tension absolument intenable, en racontant une histoire avec de vulgaires briques sur un tapis. Comme dans Dogville, la capacité d’imagination du spectateur est mise à contribution : ce que nous voyons à l’écran n’est que la partie visible d’un huis clos labyrinthique.

L’histoire nous entraîne dans une salle de mah-jong de banlieue tenue par des yakuza. Akagi, jeune collégien de treize ans, s’est attiré les foudres des mafieux locaux. Il décide de les défier au mah-jong pour sauver sa vie. Bien qui ne connaisse rien à ce jeu, il enchaîne victoire sur victoire, avec un sang-froid à la limite du flippant.

Alors qu’il provoque des adversaires de plus en plus forts, il se murmure qu’Akagi vient des ténèbres et qu’il changera le monde. Voilà pourquoi il sera surnommé « Kamui no otoko » (Le garçon à la puissance d’un dieu)…

Découvrez l’épisode 1 ci-dessous :


Pourquoi vous ferez une rechute

Pas la peine de faire semblant, même si vous suivez mes conseils, tôt ou tard vous replongerez dans une saga fleuve tel la misère sur le monde. Et je vous comprends : être interminable fait presque partie de l’ADN des mangas portés à l’écran : une conception platonicienne du plaisir (ou Rocco Siffredienne, comme vous préférez).

Chez Platon, le désir est défini comme la réponse à un manque. -
Chez Platon, le désir est défini comme la réponse à un manque. – « UNE SAGA DE 857 ÉPISODES ÇA L’FAIT OU PAS GROS ? »

« Avant d’être la sensation actuelle du désir comblé, le plaisir est souvent ce qui est anticipé dans la représentation sous la forme de l’attente, de l’espérance, ou rappelé sous la forme du souvenir d’une jouissance passée ».

Merci, Simone Manon, blogueuse et professeur de philosophie, d’expliquer pourquoi j’attends si fébrilement l’épisode suivant de ma série.

Un désir encore décuplé dans l’anime, grâce tout d’abord à la puissance évocatrice des images, au côté charmeur de serpent, pour nous petits êtres fragiles influencés par les images. Le désir est aussi exponentiel, à mon sens, grâce à l’art de « saisir l’instant présent » cher à la culture japonaise et dont les haïkus sont un exemple parfait.

L’instant présent, celui que l’on attend et qu’on nous promet comme formidable, est segmenté, distribué au compte-gouttes, montré à nos yeux au ralenti, disséqué, repris sous forme de flashback… Plus que les motifs, l’accomplissement de l’action dans l’anime est idéalisé et stylisé à l’extrême.

Descartes et son « Je pense donc je suis » peuvent aller se rhabiller. Dans un anime,
« je pense donc j’agis ». Et  Jean-Paul Sartre, il aurait kiffé, à votre avis ?

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